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Aller/Retour (96 pages), L’Harmattan, Collection Théâtre des cinq continents, Paris 1995

Nous sommes dans le nord de la France en milieu ouvrier. Deux êtres se retrouvent. L’un, le frère, n’a jamais quitté la maison familiale ; il y demeure, sécurisé par le carcan des habitudes. L’autre, la sœur, la mauvaise fille, revient après quinze ans. L’enfant prodigue ne souhaite pas revoir le père, simplement elle vient chercher sa part. S’engage alors un dialogue entre Albertus et Hester, dialogue de violence feutrée, d’éclats de voix chuchotés.

La pièce de Kazem SHAHRYARI sait trouver les mots ordinaires et crus de ce huis clos (…) Il est vrai qu’ici K. S. n’est pas seulement auteur mais metteur en scène. Il lui appartient de rendre visible cette rage, cette impuissance. Gérard da Silva, Hommes et Migrations


Sans la voie lactée (125 pages), L’Harmattan, Collection Théâtre des cinq continents, Paris 1995

Future vedette du cinéma français, David va se trouver sans abri cette nuit. Son copain, Thomas, infirmier est chargé de lui annoncer la nouvelle. Sous un ciel de banlieue enfumé par les étoiles, ils se perdent en cherchant refuge pour vivre la nuit. Dans un précipice inattendu mis en place involontairement, ils vident leur énergie et leurs souvenirs. Kazem Shahryari signe un texte efficace, lucide et dérangeant. Grand observateur des comportements humains… Le Provençal

On montre enfin de façon réaliste leur quotidien de galère des jeunes des quartiers de banlieue… La filiation est possible avec Samuel Beckett, mais un Beckett à la sauce banlieue, un Beckett noir ! Lou Parigou, L’olivié


Parle-moi du soleil et des oliviers, L’Harmattan, Collection Théâtre des 5 Continents, Paris 1997

Parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui lors d’un contrôle de police, un jeune Maghrébin est emmené au poste. Témoin malgré lui d’un meurtre commis dans le commissariat, il s’évade et rejoint sa femme. Il la retrouve sa vie, sa vie d’avant… Kazem Shahryari a réussi cette gageure : révéler l’impact sans rémission du tragique le plus intemporel (issu du modèle grec) dans la situation la plus actuelle, l’immigration en la France de 1997. Gérard Da Silva, Hommes et Migrations






Le secret de Shouane, les Mésaventures de Hassan Katchal suivi de Le secret du cheval (68 pages), L’Harmattan, Collection Théâtre des cinq continents, Paris 1999

Hassan Katchal conte les mésaventures d’un jeune garçon qui a eu le malheur de naître chauve… Pour obtenir le saz (instrument de musique à cordes) de son père et accepter sa différence, Hassan va devoir trouver un travail. Les lumières rallumées, les plus jeunes se disent qu’ils viennent de voir une sacrée belle histoire sur la différence et la conscience. Quant aux grands, ils pensent qu’ils feraient bien d’en prendre de la graine… dans tous les cas, un spectacle dynamique, poétique, coloré… De la belle ouvrage.

Cette œuvre a été retenue pour la « Semaine des auteurs francophones pour la jeunesse » grâce à la qualité et à l’originalité de son écriture.



AU REVOIR ET BONJOUR MONSIEUR BRECHT- PALE COMME LA LUNE (95 pages), Collection Théâtre des 5 continents, Parution février 2001

Kazem Shahryari explore le destin d’hommes et de femmes impliqués dans une histoire conçue pour broyer. Poète et homme de théâtre, il s’inspire de Grand-peur et misère du IIIeme Reich, et investit l’œuvre de Brecht avec sa vision particulière. Au revoir et bonjour Monsieur Brecht… se présente comme une nouvelle forme de rencontre avec Brecht que Shahryari connaît bien…Inspiration en toute liberté conçue sur proposition de Gérard Astor, directeur du théâtre Jean Vilar. "Tout ce qui existe dans l’humanité nous appartient. On a hérité d’une richesse extraordinaire et on la dépense comme on veut." Credo de Shahryari qui évoque anecdotes, histoires uniques et banales de la vie des camps, comme cette histoire d’amour : un homme et une femme qui s’éva­dent durant une semaine, longue comme l’éternité, avant d’être rat­trapés… Des scènes se croisent, se juxtaposent, dures ou tendres… "Il ne sert à rien de créer de grands drames à principes idéaux qui représentent la marche du monde et les usages du destin, mais de simples pièces qui décrivent le destin des hommes, d’hommes qui doivent être le gain de ces pièces." Le parcours de Kazem, son talent de poète créent une scène de liberté qui explore les cou­lisses de l’âme humaine. "Un conte est inventé pour rompre la vie quotidienne du jour et la vie intime de la nuit, pour séparer le conflit et la sérénité. Un conte est inventé pour per­mettre de mieux songer, de mieux réfléchir... " C’est ainsi que Shahryari aborde une œuvre. Eva Lacoste J’appréhendais de voir le spectacle de Kazem SHAHRYARI, Au revoir et bonjour Monsieur BRECHT, car je savais qu’il y mettrait en scène la vie dans un camp de concentration en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale (…)Une beauté théâtrale constante et sobre. Des comédiens qui vivaient, de tout leur être, ce qu’ils disaient. Je revivais ce qu’un jeune homme revenu de l’un de ces camps m’a raconté lorsque j’avais quatorze ans. Du début à la fin du spectacle j’ai grelotté d’émotion et pleuré. Ce qui s’est passé dans ces camps concerne tout le monde. C’est l’événement majeur du vingtième siècle. Kazem SHAHRYARI est iranien. Il est poète. Il a tout compris et il a su le transmettre, peut-être d’autant mieux qu’il n’est pas juif. Il n’y avait pas beaucoup de spectateurs. Aucun de nous ne s’en allait. Quelqu’un s’en est plaint. Je leur ai dit qu’autrefois, lorsque Roger BLIN avait monté En attendant Godot, c’était la même chose : nous étions peu nombreux, aucun de nous ne s’en allait. Liliane Atlan, L’Avant-Scène


Départ et Arrivée 128 pages, Collection Théâtre des 5 continents, Parution 2004

Dublin, une chambre d’hôtel minable en 1963 et en 2003. 1963. Maureen, jeune Irlandaise célibataire est contrainte de quitter sa famille et son village parce qu’elle est enceinte. Elle prend le train. Direction : un couvent tenu par des sœurs à Dublin, où elle sait qu’elle va se retrouver cloîtrée à travailler sans rémunération jusqu’à la naissance de l’enfant, lequel lui sera alors retiré. Maureen choisit une autre solution : elle loue une chambre dans un hôtel. Le lendemain, elle s’embarquera pour l’Angleterre pour tacher de rejoindre sa soeur aînée, elle-même brouillée avec la famille.

2003. Partageant l’espace de cette même chambre minable, 40 ans plus tard, Sûsan, jeune fille kurde, a dû, elle aussi fuir son pays, la Turquie, parce qu’elle était enceinte et parce que dans son pays, les Kurdes sont forcés de vivre dans un monde de ségrégation et de répression. Son voyage s’est révélé long et périlleux. Mais la voilà en Irlande où elle pense retrouver sa sœur qui a fui elle aussi le pays plusieurs années auparavant.

La pièce se bâtit autour des espérances, des craintes et des rêves qui habitent les personnages en cette nuit-là. Maureen partira le lendemain dans l’inconnu, pour Birmingham, là où l’on voit dans certaines pensions de famille un écriteau qui précise « Interdit aux nègres, aux chiens, et aux Irlandais ». Sûsan sait, elle aussi, qu’elle va se heurter aux préjugés et à l’hostilité. Elles ont quitté la sécurité d’un monde où elles étaient naturellement reconnues pour un environnement hostile où on les jugera, à l’aune des habituels préjugés, sur leur accent et leur nationalité uniquement. En même temps, elles savent que, si elles désirent construire un véritable avenir pour elles-mêmes et leur enfant, il leur faut entreprendre ce voyage difficile.

Les destins des deux jeunes filles s’entremêlent en s’inscrivant dans les respirations de l’autre. Evoquant leur vie, leurs espoirs, leurs peurs, leur désir d’une vie meilleure pour elles et l’enfant à naître, elles font rejaillir sur scène les figures du passé… s’éveillant à des lendemains qui chantent.


Couleurs de Femmes L’été 137 pages, Collection Théâtre des 5 continents, Parution novembre 2006

C’est l’été. Dans le sud de la France. Ça brûle partout. L’autoroute est bloquée dans les deux sens. Des gens vont se rencontrer… inévitablement. Les téléphones portables ne fonctionnent plus. Une jeune fille, Lola, s’est écartée de l’autoroute à la recherche d’un endroit pour téléphoner. De son côté, une autre jeune fille, Elsa, a fait pareil. Elles arrivent, sans s’y croiser, dans un endroit reculé où se trouvent un café et une vieille cabine de téléphone. Cette espèce de no man’s land va pourtant se révéler habité… Habité par un homme, Zek. C’est lui qui tient le café. Il est bizarre, Zek. Parfois il n’est plus lui, il se prend pour un autre. Il vit comme si passé et présent se confondaient. Il en deviendrait suspect. C’est peut-être lui qui a mis le feu aux poudres. Sa facilité à parler de la vie est telle qu’il apparaît comme le révélateur des personnages qu’il croise, en premier lieu, Lola et Elsa. L’endroit va se révéler habité tour à tour par les jeunes filles et leurs fiancés, les jeunes filles et leur mère, leurs parents ou leurs grands-parents, en couple, à leur âge, à cet endroit, où ils ont vécu, ou du moins où ils sont passés, ou au plus où ils sont morts. Cette ancienne aire de repos à l’écart d’une nationale quelque part au sud de Lyon devient le point de ralliement de la vie de 14 personnages morts et vivants, issus de familles, française, hongroise-roumaine, espagnole, italienne, personnages


l’Art Studio Théâtre - Adresse postale : 299 rue de Belleville, 75019 PARIS (ast@artstudiotheatre.org)

Entrée par : 120 bis rue Haxo, M° Télégraphe ou M° Porte des Lilas (Paris 19e) - Tel : 01-42-45-73-25



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