En 1999, K.S. a obtenu le Premier Prix du Festival International de Poésie d’Oradea (Roumanie)
Le Voyage l’emporte (128 p),
L’Harmattan, Collection Poètes des cinq continents,
Paris 1995
Pour écouter un poète, il faut se faufiler humblement et délicatement au travers de son jardin secret, quand il accepte d’en livrer quelques senteurs. De la « Panthère », sa mère, sa patrie, sa patrie-prison « azurée de la violence militaire » au « Discours des survivants », souffrance de son corps, de son peuple, Kazem SHAHRYARI se situe dans la lignée des insoumis qui « portent le silence noir de siècles ». Il témoigne en urgence de la liberté, de la mort en attente, de la terre qui vomit le sang, du désastre qui s’écoule. Il ne « sillonne pas seulement les annales royales jonchées de roses orientales », il nous interpelle, aussi, dans notre quotidien « au coeur de la douce chaleur de Paris »… Extrait de la préface de Pierre Guinchat
Les Cendres de l’amour (106p.),
L’Harmattan, Collection Poètes des cinq continents,
Paris 1997
Je suis né à côté d’une rivière. Erreur. J’aurais dû naître dans la rivière. Dans la rivière, j’aurais été parmi les grenouilles affamées, les gros poissons, et les crabes menacés par les mouettes grises jamais rassasiées. Le plus grand danger serait venu des filets des pêcheurs. Les pêcheurs qui m’auraient entraîné enfin sur la terre. Dans la rivière, tout aurait été clair. Une mesure, une seule mesure : mange ou l’on te mangera. …Il a fallu que je parte en exil pour comprendre que j’y étais déjà, que j’y étais depuis toujours …L’essentiel est à oublier. Oublier que tout va mal. Je ne comprends rien. Car il me semble qu’il y a la paix …Je suis venu jusqu’à vous pour chanter la liberté. Là, où les choses semblent plus faciles. Là, où les marges si vastes de la démocratie font oublier la liberté. Dans ce recueil, Kazem Shahryari alterne poèmes longs et textes en prose dont le plus important intitule mourir dans un jardin de roses définit le rôle et la place du poète dans le monde…où l’être songe à être… Gérard Paris, Traversées
Poésie engagée et existentielle, qui se déroule comme une confidence à son lecteurs, interpellante, inconfortable à entendre, car elle est crue et parfois cruelle, à l’image de la vie, mais aussi frémissante d’un parler-vrai qui n’a que faire des artifices de l’art La source
Oui. Il faut reprendre, selon le monde intérieur de chaque poète, cette alchimie, cette quête où le passage d’une rive à l’autre opère en nous une révélation... G.Vicenpe
L’Avenir en Feu (160p.),
Collection Poètes des 5 continents,
Parution octobre 2000
Préface de Jean-Pierre FAYE
Ainsi la langue se retourne contre son propre conte. "Lorsque je suis apparu, l’auteur était à la fin d’une histoire" S’agira-t-il de "sauver Spartacus contre Crassus" ? Mais Kazem SHAHRYARI est né sur le bord iranien du Kurdistan, dans ce pays des Mèdes qui se divise aujourd’hui entre quatre rives, lui plus ancien et plus originel que les trois autres, survenues - par Cyrus, Omar, Alp Arslan, et l’enserrant de chaque côté… Comment arriver de là jusqu’à l’abstraction concrète de son poème Liberté ? Ou dans la brusque transformation des couleurs : Noir Comme le ciel que Tu as déjà transformé en bleu C’est cette brusque ellipse qui joue le langage, touche le corps au point où il est ivre de l’autre, de celle qui va l’envahir comme prose : Son odeur émouvante me saoule. Or le grand et splendide poème en prose de L’avenir en feu les montre, celles qui couraient dans tous les sens. Mais aussi elle survient dans cet éclair subitement proche : Princesse de ma connaissance… Jean-Pierre FAYE
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La poésie, il ne s’agit pas seulement de la comprendre mais aussi de la voir. L’originaire vision qui s’impose au poète, il s’agit bien de la rejoindre et de l’incarner, pour que son lyrisme se réalise et soit, selon l’image du chœur de l’humanité avec elle-même réconciliée, celui de tous. |
J’ai vu mes mains truffées De lettres Des syllabes Courir De mes yeux Un volcan De débris De battements De souche S’étendre Un filon de sang Cristallisé Du quartz Composé exclusivement D’émotion Des mots Pur feu Embraser l’antarctique De la raison Puis j’ai entendu La voix D’un poème
…C’est ce qui fait le prix de la "mémoire nue" de Kazem SHAHRYARI, Oui. Il faut reprendre, selon le monde intérieur de chaque poète, cette alchimie, cette quête où le passage d’une rive à l’autre opère en nous une révélation.
l’Art Studio Théâtre - Adresse postale : 299 rue de Belleville, 75019 PARIS (ast@artstudiotheatre.org)
Entrée par : 120 bis rue Haxo, M° Télégraphe ou M° Porte des Lilas (Paris 19e) - Tel : 01-42-45-73-25